ventre creux, j'ai faim
tu tends une main, je cueille la paume
porte à ma joue son ombre fantôme
ivre de mes songes nourrissant la tête
j'imagine et trace, j'enjolive apprête
je frôle ton corps, d'un bras qui se balade
ravive flammèches qui brûlent en parade
j'emprunte frisson dérobé à la va vite
camouflé sous un pull sous une maille qui palpite
j'ai faim, sans fin
tu poses une bouche sur un verre qui se vide
me voilà rivière à tes lèvres humides
un torrent violent qui se cogne rochers
je pose le regard sur ton cou, naufragé
glisse pensive, m'échoue sur ta rive
au sable d'une chemise où je grave missive
clandestine sur une terre vierge de mes griffes
je retiens silence mes soupirs offensifs
j'ai faim, câlin
blottie imaginaire, les poumons remplis
de vie, ton air, trop fragile ces "si"
éphémère le brouillard des chimères tendres
fument juste les braises à l'ombre des cendres.
tu souris, envie, je chaparde pic pocket
l'émoi de l'instant pour mon coeur en fête
la petite musique qui guide mine de rien
un pauvre crayon avec le ventre plein.
plus faim